Soignant, un métier à vie ?

Si tu as atterri ici, c’est que tu es soignant, en passe de le devenir, que tu te poses des questions sur les différents métiers que ce terme englobe ou que tu souhaites changer de vie, d’orientation. Quelle que soit la raison, tu es au bon endroit. Le but est vraiment d’échanger entre nous, de tout. Et il y a plusieurs questions que nous sommes en droit de nous poser. Par exemple, j’ai un diplôme d’infirmier. J’ai exercé plusieurs années et j’ai ensuite arrêté pour faire autre chose, mais toujours dans le domaine de la santé. Je ne me voyais plus continuer pour diverses raisons. Pourtant, je me sens toujours soignant mais est-ce justifié ? Est-ce grave d’avoir arrêté d’exercer ? Suis-je vraiment toujours un soignant ? Dois-je me sentir coupable, surtout dans des périodes où le monde est en recherche active de nos compétences ?

Voici un grand nombre d’interrogations qui sont passés dans ma tête et qui sont peut-être actuellement dans la tienne. Car oui, tu as peut-être envie de faire autre chose ou de continuer dans cette voie, mais différemment. Et tu en as le droit.

Mais alors, quand s’arrête t-on d’être soignant ?

Soignant, un métier qui marque à vie

Une chose est sûre, être soignant, c’est quelque chose qui est unique. Forcément quand on touche à l’humain ou à la santé, qu’on côtoie la maladie et la mort, c’est assez marquant. Je n’ai pas exercé des dizaines d’années, mais j’ai tout de même énormément de souvenirs très ancrés dans ma mémoire et qui resteront à jamais, je pense.

On a aussi tous eu des patients, des collègues, des médecins qui ont laissé une trace indélébile dans nos têtes. Que ce soit de la bonne ou de la mauvaise façon.

Car oui, soignant, c’est un peu l’ascenseur émotionnel. Il y a parfois beaucoup de positif et parfois beaucoup de négatif. Et parfois, tout cela est regroupé dans la même journée voir en un laps de temps très court.

Je ne suis pas là pour énumérer tous les mauvais côtés du métier, qui sont différents pour chacun et que nous connaissons tous plus ou moins. Cela n’aurait aucun intérêt. Mais, je suis plutôt là pour rappeler que tu vis beaucoup de choses et qu’il faut le souligner.

Alors oui, tout cela épuise physiquement et psychologiquement. C’est donc un métier qu’on ne peut pas oublier.

La reconvention est-elle possible ?

Quand on est soignant, comme pour n’importe quel autre métier, il est possible d’avoir envie de changer de domaine d’activité. C’est tout à fait normal de vouloir vivre de nouvelles expériences, mais est-ce possible ? Quelles sont nos possibilités ?

Car on entend beaucoup parler d’évolutions en interne, comme :

  • Aide-soignant à infirmier
  • Infirmier à cadre
  • Infirmier à IADE ou IBODE
  • Des DU stomathérapeute, plaies et cicatrisation…

Donc, si on veut rester dans le domaine de la santé, c’est assez facile et nous avons la chance d’avoir beaucoup de possibilités. Il y a même des options un peu plus méconnues comme la prestation de santé à domicile, devenir commercial ou formateur.

Mais si on souhaite sortir de ce milieu ? Il n’y a pas beaucoup d’exemple je trouve. Que ce soit dans l’entourage ou même sur internet.

Faire un bilan de compétence

C’est tout à fait possible de changer. Je ne peux pas énumérer toutes les possibilités de réorientation ici, mais je le ferai dans un autre article. Si je peux te donner un conseil, juste un, c’est de réaliser un bilan de compétences. C’est hyper important, car cela peut te donner accès à une liste de métier auxquels tu ne pensais peut-être pas. Mais surtout, cela peut faire ressortir des connaissances, des ambitions ou des volontés que tu ne soupçonnais pas.

Quand on réfléchit seul, on ne voit pas forcément toujours aussi loin qu’il le faudrait. Et c’est toujours très compliqué d’avoir l’esprit ouvert et critique envers soi-même. Etre fermé est la pire des options.

Parfois, on se dit qu’on est nul, qu’on ne sait rien faire d’autre alors que c’est complétement faux. Il faut juste que quelqu’un nous aide à y voir plus clair et fasse ressortir certaines compétences et qualités.

Utiliser les ressources à sa disposition

Quand on pense à la reconversion professionnelle, il y a toujours la crainte de ne plus avoir d’argent quand on quitte son emploi ou de ne pas pouvoir financer les formations que l’on souhaite. C’est légitime, mais heureusement, il y a des solutions.

On peut dire ce que l’on veut, mais en France, on a quand même beaucoup de chance quand on souhaite se reconvertir. Voici quelques exemples d’aides auxquelles nous pouvons tous prétendre.

Si tu es salarié

Si tu es toujours salarié et que tu penses que tu peux te former en parallèle de ton activité, tu peux utiliser ton compte CPF. Pour connaître tes droits, tu peux cliquer ici, mais en gros tu gagnes 500 euros/an pour te former, avec un plafond de 5000 euros. C’est vraiment très intéressant, car cela te permet de te former en gardant ton emploi et ton salaire. Tu peux aussi utiliser ce solde dans le cadre de ton emploi pour te former, mais je te le déconseille :). Autant garder cet avantage pour toi.

Si tu souhaites rester dans le domaine de la santé et que tu as envie d’évoluer en interne, ton employeur peut aussi t’aider à te former grâce au plan de développement des compétences (PDC). Tu conserves ainsi ton salaire et tu fais la formation sur ton temps de travail. Par contre, il faut que l’employeur soit d’accord, évidemment.

Si tu es au chômage

Si tu es au chômage ou que tu souhaites arrêter de travailler parce que tu penses que ton activité actuelle ne te permettra pas de te former, il y a aussi des aides possibles avec pôle emploi.

Si tu es en CDI, que tu as travaillé plus de 1300 jours les 60 derniers mois, et que tu as une idée de reconversion, alors pôle emploi peut te permettre d’avoir des indemnités de salaire même si c’est toi qui démissionnes, afin que tu puisses te former. Cela durant environ deux ans. Bien entendu, renseigne-toi au préalable avant de te lancer pour savoir si tu es éligible.

Et bien entendu, si tu es demandeur d’emploi, tu as plusieurs possibilités, donc n’hésite pas à contacter pôle emploi.

Faut-il avoir honte d’arrêter d’exercer ?

J’ai l’impression, quand j’échange autour de moi, que mes anciens camarades de promo, mes collègues ou mes amis, ont une certaine honte à vouloir changer de métier. Que ce soit simplement pour gagner plus d’argent, pour évoluer ou pour suivre une envie, une aspiration professionnelle différente, dans l’entreprenariat par exemple.

Bref, quand on est soignant, il y a cette sensation d’être “marié” à son métier. C’est un peu vrai, car comme je le disais au début de l’article, c’est un don de soi qui implique beaucoup de sacrifices professionnels et personnels. Un peu comme dans une relation de couple ou amicale. Et c’est tant mieux, cela montre l’investissement.

Mais attention, il est donc aussi possible de divorcer si cela ne nous convient plus. Il n’est pas concevable de rester malheureux juste par crainte de quitter un métier. Chaque soignant a le droit de vouloir se reconvertir sans se sentir coupable de ne plus vouloir être soignant.

Etre fier du travail accompli

Tu me diras ce que tu en penses, mais je crois qu‘il faut plutôt voir le positif et être fier du travail accompli. C’est-à-dire que tu dois comprendre que tu as donné de ta personne durant un certain temps et que c’est tout à ton honneur. Et si maintenant, tu veux gagner plus d’argent (Car oui soignant ne rend pas riche :D) ou te concentrer sur ta famille et ne plus faire les quarts, lance-toi !

Personne ne te critiquera pour cela, et si quelqu’un le fait, demande-lui ce qu’il a fait.

Un métier toujours dans un coin de la tête

Soignant, je pense que c’est plus qu’un métier. C’est une façon de vivre. Quand on choisit cette voie, c’est pour prendre soin et souvent, cela se répercute dans la vie de tous les jours, que ce soit auprès de l’entourage ou des personnes en général.

Donc finalement, même si tu choisis de ne plus être soignant un jour, tu auras toujours cette part de toi, dans ta vie personnelle, qui continuera de l’être.

Et peut-être que finalement, dans quelques années, la passion qui t’animait reviendra et que les conditions que tu as quitté, seront différentes. Il ne faut jamais fermer la porte à un retour…

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