Le parcours non conventionnel d’un soignant

Sur cette page, je vais te parler de mon parcours de soignant et de non-soignant pour que tu comprennes qui te parle à travers les différents articles. Le but est d’être totalement transparent avec toi et de te montrer que les soignant(e)s ne sont pas toujours parfaits et ont aussi le droit d’avoir d’autres envies, d’autres vocations et même de ne plus aimer ce qu’ils font.

Quelle que soit ta fonction, IDE, AS, Kiné… Quelle que soit ce qui t’a poussé à faire ce métier… Sache qu’on a tous nos failles et nos forces et qu’il faut faire avec, sans se faire trop de mal et en essayant en permanence d’améliorer son quotidien.

Pas vraiment une vocation

En 2005, j’ai commencé mes études d’infirmier sans trop savoir pourquoi je le faisais. Honnêtement, ce n’était pas une vocation. Loin de là. En fait, j’ai passé le concours à 17 ans comme d’autres personnes de ma classe de terminal. Et comme je n’avais aucune idée de ce que je souhaitais faire, cela semblait une bonne idée de faire comme les copains. J’ai réussi l’écrit, mais un peu moins l’oral. Je me suis donc retrouvé sur liste d’attente. Pensant ne jamais être accepté, je me suis alors inscrit en faculté de médecine. Sachant pertinemment que je ne me donnerai pas à fond. J’étais un peu feignant et j’avais envie de travaillé rapidement à cause d’une situation familiale instable. Mais en juillet, on m’appelle pour me dire que je peux m’inscrire si je le souhaite, car les quelques personnes devant moi s’étaient désistées ou avaient un problème dans leurs dossiers. C’est alors que j’ai pris la décision la plus compliquée de ma vie. Me lancer sans trop savoir où j’allais ou refuser cette opportunité.

Je me suis jeté à l’eau et j’ai bien fait.

Une magnifique expérience

Ces années d’étude ont été une très bonne expérience à plusieurs niveaux.

Tout d’abord, j’ai adoré apprendre le métier de soignant. Etre au contact des gens, se sentir utile, mais aussi l’ambiance qui règne à l’hôpital. Je sais que généralement, peu de personnes sont d’accord avec moi, mais il y a une atmosphère que j’apprécie et qui me fait me sentir bien.

Mais cette formation m’a aussi permis de grandir en tant qu’homme et de devenir un adulte responsable. En effet, je n’avais que 17 ans lorsque j’ai commencé, et tu dois bien te douter que vivre ce quotidien fait murir assez rapidement. Parfois, la pression était compliquée à gérer et j’ai failli arrêter de nombreuses fois. En plus, je voyais les copains plus âgés que moi, beaucoup mieux organisés et ayant une plus grande lucidité.

Heureusement, après la première année tout s’est passé pour le mieux et j’ai pu obtenir mon diplôme sans trop de problème.

Un infirmier qui n’aime pas les soins ?

Faire infirmier sans que ce soit une vocation, c’est déjà compliqué, mais un infirmier qui n’aime pas les soins, est-ce possible ?

Quand je parle des soins, je pense évidemment aux soins techniques. Car oui, dans la tête des gens, l’infirmier fait les piqures, les pansements et les perfusions. C’est tout. Et je me suis rendu compte que je n’aimais pas trop cet aspect du travail. Ce que j’aimais et que j’aime toujours, c’est les autres soins. Tout ce qui touche au relationnel, à la personne. J’aime prendre mon temps, discuter, m’énerver, m’émouvoir… Et tout cela, ce n’est pas trop possible en clinique ou à l’hôpital. Même si je comprends tout à fait que cela plaise à d’autres collègues. C’est simplement une question de choix.

J’ai donc débuté ma carrière en addictologie et j’ai adoré ce travail pendant sept belles années. Puis j’ai découvert le domicile, que j’ai aussi fortement apprécié.

Et maintenant, je travaille pour un grand groupe de cliniques français et ne suis plus du tout infirmier, mais pourtant toujours en lien avec la santé. Et j’ai vraiment l’impression d’être utile et de faire quelque chose de bien pour les patients. Je ne vais pas rentrer dans les détails ici, mais je t’explique tout cela pour te dire que les portes ne sont jamais fermées. Il y a toujours des opportunités, des réflexions à avoir. Si tu veux en savoir plus et que tu es intrigué, viens me parler par mail ou sur Facebook, je serai ravi d’échanger.

Soignant, un métier pour la vie ?

Comme tu peux le constater, je ne suis plus infirmier bien que je sois toujours proche de la santé. Je ne peux donc pas te dire que je fais ce métier depuis toujours et que je ne changerai jamais. Ce n’est pas vrai. Et ce n’est pas parce que je n’ai pas aimé, bien au contraire. Mais c’est plutôt tout ce qu’il y a autour de ce métier qui ne me plaît pu et je ne m’y retrouve plus. Pourtant, jamais je n’aurai pensé à changer sans avoir d’opportunité. Je ne l’ai pas vraiment cherché, c’est arrivé par hasard, en discutant avec des gens, d’autres soignants qui sont passés par là et qui se posaient aussi des questions comme “que faire ?”, “comment faire ?”.

Ce n’est pas une honte d’arrêter d’exercer. Il ne faut pas se sentir coupable, mais plutôt être fier du travail accompli. Et cela n’empêche pas d’y revenir un peu plus tard.

Bref, le métier d’infirmier n’est peut-être pas pour toute la vie, mais il reste toujours dans un coin de la tête.

Avoir une réflexion au quotidien

Si je fais ce blog, c’est pour te pousser à avoir une réflexion au quotidien. Que tu te demandes ce qui est le mieux pour toi et comment l’atteindre. Le but est vraiment que l’aspect professionnel de ta vie, te donne entière satisfaction. Que ce soit en continuant d’exercer ton métier de soignant ou alors en changeant de voie, complétement ou juste un peu.

Peut-être que tu peux rester où tu es en ayant de meilleures conditions. Peut-être que tu dois changer de service ou de spécialité. Ou bien alors, peut-être que tu dois changer de lieu d’exercice ou carrément de métier.

Je suis passé par toutes ces étapes et connais énormément de monde dans ce cas. Car soignant, plus que tout autre métier, est un don de soi et cela a des conséquences, qu’on le veuille ou non.

Viser le meilleur, c’est normal

Si j’ai arrêté d’être infirmier, c’est pour plusieurs raisons. Cela englobe beaucoup de choses comme le salaire, les conditions de travail ou l’ambiance générale… Par contre, je n’ai jamais voulu me détacher du secteur de la santé, trop important pour moi et ayant une forte place dans mon cœur.

Mais cela ne veut pas dire que tu dois aussi arrêter d’être soignant si ce que tu vis professionnellement ne te correspond plus. Nous sommes tous différents et l’objectif premier est de viser le meilleur pour toi. En continuant ou non.

Que ce soit en gagnant plus d’argent, en trouvant une nouvelle vocation ou en ayant plus de temps à consacrer à ta famille. Nous avons tous des aspirations de vie différentes qu’il faut bien cerner.

Révéler son potentiel et comprendre ses envies et ses besoins, c’est vraiment très importants.

J’espère pourvoir t’aider dans cette quête du bonheur.

Pourquoi “l’infirmier masqué” ?

Pour terminer sur cette longue page d’introduction (Que tu n’es pas obligé de tout lire :p), tu dois te demander pourquoi “L’infirmier masqué”. C’est assez simple, je n’aime pas trop me mettre en avant. Je ne pense pas qu’il soit intéressant pour nos échanges que tu connaisses mon nom ou prénom. Le but est vraiment de réfléchir ensemble aux meilleures actions à mener pour améliorer nos vies professionnelles et personnelles de soignants… Ou de non soignants.

En plus le masque est un outil indispensable à nos fonctions et en cette période de pandémie, je trouve que c’est un excellent clin d’œil ;).

Et comme vous êtes tous des super-héros… Le masque et la cape sont de rigueur.